Cinq scénarios vécus à la porte, la phrase qu’on vous sert, ce que vous répondez sur le perron et à qui signaler.

Au Québec, les couvreurs itinérants ont le droit de cogner à votre porte : la loi le permet à tout vendeur muni d’un permis de l’Office de la protection du consommateur. Et pourtant, l’Office lui-même recommande de ne pas faire affaire, pour une réfection, avec un entrepreneur qui vous contacte de lui-même sans que vous ayez fait vos vérifications au préalable.
Cet article passe en revue cinq scénarios concrets qu’un propriétaire peut vivre à sa porte, après un appel ou après un message sur les réseaux sociaux. Pour chacun : la phrase type, ce qui se cache derrière, ce que vous répondez sur le perron. Suivent les vérifications à faire en deux minutes et les organismes à prévenir en cas d’arnaque.
Un couvreur itinérant, comme tout commerçant itinérant qui sollicite un consommateur ailleurs qu’à son établissement, doit détenir un permis de l’Office (OPC). En principe, ce permis est exigé dès que la vente dépasse 100 $. La notion de commerce itinérant est plus large qu’on le croit. Elle vise autant le vendeur qui cogne à votre porte que celui qui vous appelle pour être invité chez vous.
Même si vous l’invitez pour une simple estimation et qu’il conclut la vente sur place, il est considéré comme commerçant itinérant.
Pour obtenir son permis, le commerçant itinérant doit fournir un cautionnement à l’Office. Cette somme peut servir à vous dédommager s’il ne respecte pas ses obligations. Le permis est valide deux ans. Ce permis doit figurer sur l’entente qu’on vous fait signer. Un couvreur qui exécute le chantier doit aussi détenir une licence de la RBQ, sous-catégorie 7.0, et figurer au registre des détenteurs de licence.
À Montréal, plusieurs arrondissements encadrent la sollicitation porte-à-porte par un permis municipal distinct, valide 12 mois au plus, délivré à chaque personne qui sollicite. Un vendeur peut donc devoir détenir trois documents : le permis de commerçant itinérant de l’OPC, le permis de sollicitation de l’arrondissement et la licence RBQ pour exécuter les travaux.
Les « chasseurs de tempêtes » arrivent vite dans les quartiers touchés par un phénomène météo, observe l’assureur Aviva Canada. Ces couvreurs itinérants proposent des réparations rapides. Selon l’assureur, beaucoup livrent un travail médiocre ou disparaissent après avoir été payés d’avance. La phrase type qu’on entend au perron ressemble à ceci : « On a vu des bardeaux sur votre terrain, on peut régler ça aujourd’hui.
» Le solliciteur mise sur votre stress. Il sait que vous craignez l’infiltration d’eau.
La loi prévoit une exception pour la réparation urgente d’une couverture. Un contrat qui porte uniquement là-dessus, conclu chez vous à votre demande, échappe au délai d’annulation de 10 jours. Elle permet de faire colmater rapidement une couverture endommagée. Mais certains vendeurs l’utilisent comme argument pour vous faire signer une réfection complète qui n’a rien d’urgent.
Votre réponse sur le perron est simple. Remerciez le vendeur. Dites que vous faites protéger la couverture par l’entrepreneur de votre choix. Surtout, déclarez d’abord le sinistre à votre assureur. Vous gardez ainsi la maîtrise de la situation. Si une bâche est nécessaire en attendant, demandez un service d’urgence pour toiture que vous aurez vous-même choisi.
La bâche posée en attendant est une chose. La réfection complète signée sous la pression en est une autre. Vous n’avez aucune obligation de régler le sort de votre couverture sur le pas de la porte. Un entrepreneur légitime vous laissera le temps de faire vos vérifications, de joindre votre assureur et de comparer.

Un représentant vous annonce qu’il lui reste des matériaux d’un chantier voisin. Il vous offre un rabais à condition de commencer tout de suite et de payer comptant. Cette approche joue sur deux leviers puissants : la rareté et l’urgence. Le vendeur crée l’illusion d’une opportunité unique qui disparaîtra si vous réfléchissez.
La Sûreté du Québec a rapporté un stratagème voisin sur la Rive-Sud. Un individu vend d’abord une réfection de couverture, réellement exécutée, ce qui met les victimes en confiance. Il revient proposer de l’asphaltage, exige un dépôt en argent comptant ou par virement, ne livre jamais rien et devient injoignable. La première transaction honnête sert à endormir la méfiance.
Face à ce genre d’arnaque, une seule réponse tient la route sur le perron. Demandez la carte du vendeur et le nom de son employeur. Dites que vous allez comparer. Si on vous presse de décider maintenant, c’est que l’offre ne survivrait pas à une vérification.
L’argent comptant ne laisse aucune trace. Si l’entrepreneur disparaît après avoir encaissé un dépôt en espèces, il vous sera très difficile de prouver ce que vous avez versé. Refusez net. Un commerçant honnête accepte un chèque ou un virement traçable, et vous remet une entente détaillée conforme aux exigences de l’Office.
La Loi sur la protection du consommateur interdit d’utiliser un prétexte pour solliciter une vente. L’Office cite plusieurs exemples : le commerçant inspecte l’entretoit et prétend avoir trouvé de la moisissure exigeant une décontamination urgente, alors qu’il n’en est rien. On vous montre ensuite des clichés, prétendument prises dans votre entretoit. La phrase type : « Votre entretoit est plein de moisissure, la maison peut être condamnée. »
La Cour du Québec a condamné un commerçant dont les représentants ont utilisé ce stratagème auprès d’un couple de 88 et 83 ans à Roberval. Les vendeurs sont revenus de l’entretoit avec des images laissant croire à un grave problème de champignons. Ils ont proposé une facture de 22 000 $ avec un financement à 13,99 %. Le contrat ne portait pas de numéro de commerçant itinérant et le permis était invalide.
Le juge a parlé d’exploitation des personnes âgées.
Vous n’avez aucun moyen de savoir d’où viennent des photos que vous n’avez pas prises vous-même. Elles peuvent provenir d’un autre chantier. Elles peuvent montrer un problème bénin présenté comme une catastrophe. Votre réponse : demandez à monter voir par vous-même. Si on refuse, ou si on insiste pour que vous restiez en bas, fermez la porte. Vous pouvez aussi refuser l’accès tout simplement.
Depuis novembre 2024, le gouvernement du Québec interdit le commerce itinérant pour les travaux d’isolation et de décontamination. Certains vendeurs font fi de ces interdictions. Si un représentant se présente chez vous pour vous vendre une décontamination d’entretoit, il contrevient à cette interdiction, et l’arnaque n’est pas loin.
Pour obtenir une opinion neutre sur l’état réel de la couverture, adressez-vous à une inspection de toiture indépendante.
Aucune autorité gouvernementale ne sollicite directement les consommateurs pour promouvoir des programmes de subvention. La RBQ l’a rappelé en janvier 2026. Pourtant, des fraudeurs se présentent comme des inspecteurs mandatés par la Ville ou comme des agents d’un programme de subvention. La phrase type : « On fait la tournée du quartier pour la Ville, on vérifie les propriétés admissibles à la subvention. »
À Mercier, en mars 2025, la Ville a mis en garde ses citoyens contre des personnes qui se faisaient passer pour des inspecteurs de grenier mandatés par la municipalité. Le service de police a reçu plus d’une dizaine d’appels en une seule journée. Le SPVM a relayé une mise en garde similaire : des fraudeurs prétendent être des colporteurs autorisés par la Ville. En cas de doute, n’ouvrez pas et informez-vous auprès de votre arrondissement.
À Montréal-Est, le règlement interdit de colporter sans permis de la Ville et interdit de colporter sur une propriété où est affichée la mention « pas de sollicitation ». Si vous cherchez un couvreur à Montréal-Est, c’est donc à vous de faire le premier appel, pas l’inverse.
Ni la Ville, ni la RBQ, ni le gouvernement du Québec n’envoient de représentants vendre de la rénovation à votre porte. Si on vous dit le contraire, vous avez affaire à un vendeur qui usurpe une identité officielle. Prenez son nom, refermez, et appelez votre arrondissement pour confirmer. Vous protégez ainsi votre portefeuille et vos renseignements personnels.
L’OPC a signalé un stratagème en cours : un prix très compétitif pour une réfection. Une fois le revêtement enlevé, un nouveau contrat beaucoup plus coûteux est imposé pour des réparations « non prévues ». La couverture ouverte aux intempéries met le propriétaire en situation d’urgence et de grande vulnérabilité.
Un entrepreneur de la région de Montréal a perdu son permis de commerçant itinérant pour ce stratagème de basses soumissions. Dans la plupart des cas examinés, la facture a plus que doublé en cours de chantier. Ce scénario commence souvent par une offre à la porte ou par un appel. Le mécanisme des basses soumissions est détaillé dans la page sur les signes d’une arnaque de couvreur.
Vous pouvez vous protéger en amont. Demandez que l’entente précise par écrit le prix unitaire du remplacement du platelage abîmé. Si le couvreur refuse d’inscrire ce prix, ou s’il vous répond que « ça dépendra de ce qu’on trouve », passez à un autre entrepreneur. Un professionnel expérimenté sait chiffrer les imprévus les plus courants d’un chantier de couverture.
Voici un résumé des situations types, des phrases entendues et de la réponse à donner.
| Scénario | Ce qu’on vous dit | Ce que vous répondez | Ce que vous vérifiez |
|---|---|---|---|
| Après un orage | « On peut régler ça aujourd’hui » | « J’appelle mon assureur et mon entrepreneur » | Permis OPC, licence RBQ, contrat limité à la réparation urgente |
| Matériaux en trop | « Rabais si on commence maintenant, comptant » | « Laissez-moi votre carte, je compare » | Nom du commerçant, permis OPC, aucun dépôt en espèces |
| Inspection gratuite | « Votre entretoit est contaminé » | « Je vais faire inspecter par quelqu’un d’autre » | Vente à domicile d’isolation ou de décontamination interdite |
| Faux inspecteur | « On passe pour la Ville » | « Je vais appeler la Ville pour confirmer » | Ville ou arrondissement, RBQ : aucun organisme ne vend de travaux |
| Prix d’appel | « Le moins cher du quartier » | « Je veux trois soumissions » | Prix des imprévus écrit au contrat avant le début du chantier |
Vous n’avez pas à justifier votre refus d’ouvrir. Vous pouvez simplement dire « non merci » et refermer. Mais si vous voulez faire reculer un vendeur insistant, trois questions suffisent.
Demandez le nom complet du représentant et celui de son employeur. Demandez son permis de commerçant itinérant de l’OPC, puis sa licence RBQ. Un vendeur honnête vous laisse sa carte et repart. Celui qui insiste, qui élude ou qui se fâche vous confirme que vous avez bien fait de ne pas le laisser entrer.
Rendez-vous sur le site de l’OPC et utilisez l’outil « Se renseigner sur un commerçant ». En tapant le nom du commerçant, vous voyez s’il détient un permis de commerçant itinérant, si l’Office est intervenu auprès d’elle et si elle a reçu des mises en demeure de consommateurs. Ensuite, consultez le registre des détenteurs de licence de la RBQ pour confirmer que l’entrepreneur possède la sous-catégorie 7.0.
Ces deux recherches prennent moins de deux minutes.
Vous avez un droit d’annulation. Le document signé à domicile doit indiquer le numéro de permis de commerçant itinérant, le lieu et la date de signature, la description du service, le prix et les taxes, et votre droit d’annuler. Il doit être remis sur papier, en français, en deux exemplaires. Vous pouvez annuler dans les 10 jours suivant la réception de votre exemplaire. Pendant ces 10 jours, le commerçant ne peut commencer aucun travail.
Si le commerçant n’avait pas de permis alors qu’il en fallait un, vous pouvez annuler le contrat dans l’année qui suit sa signature. Le détail des règles figure dans la page sur la Loi sur la protection du consommateur appliquée à la toiture.

Victime ou simple témoin d’une arnaque, vous pouvez la signaler à plusieurs organismes. Déposez une plainte auprès de l’OPC, qui offre un outil sur son site. Signalez l’entrepreneur à la RBQ via son formulaire « Plainte concernant les services rendus par votre entrepreneur » ou au 1 800 361-0761, sans frais.
Le Centre antifraude du Canada recueille les signalements en ligne ou au 1-888-495-8501, sans frais, du lundi au vendredi, de 10 h à 16 h 45. Si vous avez payé un vendeur qui a disparu ou si vous vous sentez menacé, composez le 911 en cas d’urgence, sinon le poste de quartier.
Les aînés figurent souvent parmi les cibles des couvreurs itinérants malhonnêtes, comme l’illustre la décision de la Cour du Québec à Roberval. Prenez le temps d’expliquer à vos parents les cinq scénarios décrits ici. Si leur arrondissement le prévoit, affichez lisiblement la mention « pas de sollicitation » près de la porte. Convenez avec eux d’une règle simple : ne jamais signer quoi que ce soit sans appeler un proche d’abord.
C’est vous qui choisissez qui monte là-haut. Avant d’appeler qui que ce soit, obtenez d’abord l’opinion neutre d’un professionnel du bâtiment sur la nature de la rénovation et son urgence réelle. Ensuite, demandez des soumissions comparables à des couvreurs licenciés. 123couvreur vous met en relation avec un couvreur à Montréal ou ailleurs dans le Grand Montréal, toujours inscrit au registre de la RBQ.
Il suffit de décrire votre projet pour obtenir jusqu’à 3 soumissions et comparez sereinement, sans pression.
Oui. Un couvreur itinérant doit toutefois détenir un permis de commerçant itinérant de l’OPC, un permis de sollicitation de l’arrondissement quand celui-ci l’exige, et une licence RBQ pour exécuter le chantier. L’Office recommande néanmoins de ne pas faire affaire, sans vérifications préalables, avec un vendeur qui vous contacte de lui-même préalables.
Vous avez 10 jours suivant la réception de votre exemplaire. Si le commerçant n’avait pas le permis requis ou si les documents obligatoires n’ont pas été joints, l’annulation reste possible pendant un an à partir de la signature.
Si vous l’avez invité pour une estimation et qu’il conclut la vente sur place, il est considéré comme commerçant itinérant. L’entente doit alors respecter toutes les règles du commerce itinérant, y compris les 10 jours pour annuler.
Non. Une ville ne vend pas de rénovation à domicile, et la RBQ rappelle qu’aucune autorité gouvernementale ne sollicite directement les consommateurs pour promouvoir des subventions. Si on se présente comme un inspecteur mandaté par la Ville, refermez et appelez votre arrondissement.
À l’OPC, à la RBQ et au Centre antifraude du Canada. Si vous avez payé et que le vendeur est injoignable, ou si vous vous sentez menacé, prévenez le poste de quartier. En cas d’urgence immédiate, composez le 911.