1/300, 63 mm, trappe, réfection : ce que le Code de construction du Québec exige pour l'entretoit.

Dans les soumissions de toiture, la ventilation d’entretoit tient souvent en trois caractères : « 1/300 ». Le Code de construction du Québec consacre pourtant quatre articles complets au vide sous toit, plus un autre sur la trappe d’accès. Il impose des chiffres très précis : un dégagement de 63 mm, une répartition de 25 % en haut et 25 % en bas, des pannes de 38 × 38 mm et une trappe de 550 × 900 mm.
Savoir lire ces quelques lignes change tout. Cela permet de vérifier une soumission, de distinguer une obligation d’une recommandation et de comprendre ce qui relève du fabricant. Voici ce que le Code exige, article par article, puis ce qui change quand on refait une toiture existante.
Le Code de construction du Québec évolue, mais les règles de ventilation restent stables. La version en vigueur depuis le 17 avril 2025 intègre le Code national du bâtiment 2020 avec les modifications propres au Québec. Une période transitoire permet encore d’appliquer l’ancienne version aux travaux qui débutent avant le 17 octobre 2027. La Régie du bâtiment du Québec a prolongé cette transition d’un an par règlements publiés le 26 août 2026.
Le Code national du bâtiment est un code modèle rédigé par le Conseil national de recherches du Canada. Chaque province l’adopte avec ses modifications. Au Québec, c’est la RBQ qui l’administre. Le Code national du bâtiment 2025, plus récent, n’est pas adopté au Québec. Les professionnels travaillent donc avec le CNB 2020 modifié Québec, tout en pouvant encore se référer au CNB 2015 modifié pendant la transition.
Les articles 9.19.1.1. à 9.19.2.1., qui encadrent la ventilation d’entretoit, sont identiques dans les deux versions. Peu importe la référence choisie par le professionnel, les exigences d’aire libre, de répartition et de dégagement restent les mêmes. Un propriétaire peut donc vérifier une soumission sans se demander quelle édition du code a été utilisée. La stabilité de cette section est une bonne nouvelle.
La ventilation d’un comble n’est pas une option laissée au jugement de l’entrepreneur. L’article 9.19.1.1. pose une règle claire : dès qu’un isolant est posé entre un plafond et la sous-face d’un support de couverture, il faut prévoir un espace d’air libre, ainsi que des orifices de ventilation. L’objectif est d’évacuer l’humidité vers l’extérieur.
Le déclencheur est simple. Si votre grenier est isolé et qu’un vide sous toit le surmonte, la ventilation est exigée. La note explicative du code précise que les pare-vapeur et les systèmes d’étanchéité à l’air assurent rarement une protection sans faille. Même une maison récente a besoin d’une circulation d’air dans le comble.
Le texte prévoit une exception. La ventilation n’est pas exigée aux endroits où il peut être démontré qu’elle est inutile. Cette exception vise des assemblages spécialisés, comme certains bâtiments fabriqués en usine, dont l’étanchéité prévient l’accumulation excessive d’humidité. Une maison classique avec de la laine ou de la cellulose en vrac ne correspond généralement pas à ce cas, et c’est à celui qui invoque l’exception de la démontrer.
Le fameux ratio 1/300 ne représente qu’une partie de l’article. L’article 9.19.1.2. fixe l’aire libre totale, la répartition des orifices, leur emplacement et l’obligation de poser des pannes. Il renvoie aussi à une norme technique. Réduire cet article à une fraction, c’est ignorer trois autres obligations qui ont un impact direct sur la santé de la maison.
La surface libre de l’ensemble des orifices doit atteindre au moins 1/300 de la surface du plafond recouvert d’un isolant. Si la pente du toit est inférieure à 1:6, soit environ 2/12, le ratio passe à 1/150. Même exigence si la charpente comporte des solives. Sur un versant presque à plat, l’air monte mal du bas vers le haut. Le règlement compense en doublant l’aération requise.
Prenons une maison de 1 200 pi² de superficie isolée sous une toiture à 4/12. Le calcul donne 1 200 divisé par 300, soit 4 pi² d’aire libre, ou 576 po². Le règlement exige au moins 1 pi² en haut et 1 pi² en bas. Avec un versant de moins de 2/12, la même maison exigerait 1 200 divisé par 150, soit 8 pi². L’AMCQ recommande pour cette toiture à 4/12 une répartition de 55 % aux soffites, soit 2,2 pi², et 45 % près du faîte, soit 1,8 pi².
Le calcul détaillé de la ventilation d’un toit est traité pas à pas dans un autre article.
Les orifices doivent être situés dans le toit, en débord de toit, dans les pignons ou à plusieurs de ces endroits. Ils sont répartis également sur les faces opposées du bâtiment. L’article impose au moins 25 % de la ventilation exigée en partie supérieure et au moins 25 % en partie inférieure. Cette répartition obligatoire empêche de concentrer tous les évents au faîte ou tous aux soffites.
Sauf si les espaces entre les solives reçoivent une ventilation distincte, il faut poser des pannes perpendiculaires d’au moins 38 × 38 mm sur les solives du toit. Ces pièces de bois créent un passage d’air continu entre le soffite et le faîte. Sans elles, chaque espace entre les solives risque de devenir un cul-de-sac pour l’air.
Le règlement renvoie à une norme qu’on ne peut plus acheter. L’article 9.19.1.2. exige que les orifices soient conformes à la norme CAN3-A93-M « Évents d’aération de bâtiments ». Cette norme date de 1983 et n’est plus au catalogue de CSA. Les couvreurs doivent pourtant s’y référer. La situation est connue de l’AMCQ, qui en traite dans son bulletin technique no 5.
Selon l’AMCQ, la norme CAN3-A93-M exige que les évents réussissent des essais de résistance au vent, à la pluie et à la corrosion. Chaque évent doit porter le nom du fabricant, le type d’évent et l’aire nette d’ouverture en mm². La norme ne traite pas des ventilateurs à déflecteurs, dits actifs, pourtant très répandus au Québec. Pour ces appareils, l’AMCQ formule ses propres recommandations.
Un espace d’air est obligatoire sous le support de couverture. L’article 9.19.1.3. exige au moins 63 mm, soit 2 ½ po, entre le dessus de l’isolant et la sous-face du support de couverture. L’isolation doit être posée de façon à laisser l’air circuler librement par les orifices et dans tout le comble. De la laine poussée jusque dans les coins bloque l’aération.
À la jonction du versant et du mur extérieur, des déflecteurs préformés retiennent l’isolation. Ils doivent laisser au moins 25 mm de dégagement, avec une section suffisante pour respecter l’article 9.19.1.2. Ils doivent aussi dépasser d’au moins 50 mm le niveau de l’isolation. Ces déflecteurs empêchent la laine de bloquer l’entrée d’air par les soffites.
L’AMCQ recommande un dégagement d’au moins 150 mm entre le platelage et l’isolation. Cette recommandation dépasse largement les 63 mm du Code. Les maisons d’aujourd’hui sont plus isolées, plus étanches à l’air, et certaines couvertures sont réfléchissantes. Selon l’AMCQ, l’effet de ces changements sur la condensation dans les entretoits ne peut pas encore être quantifié.
Elle incite donc à la plus grande prudence dans la conception de la ventilation d’entretoit.

Deux articles complètent la section 9.19, et on en parle peu. L’article 9.19.1.4. traite du comble en mansarde. L’article 9.19.2.1. impose une trappe d’accès. Ces deux articles ont pourtant un effet concret : un couvreur ne peut pas inspecter un entretoit sans y accéder. Demander à un couvreur à Villeray comme ailleurs de passer par la trappe avant de soumissionner est une précaution élémentaire.
Un comble en mansarde ou brisé comporte une partie inférieure presque verticale et une partie supérieure inclinée. L’article 9.19.1.4. prévoit que la partie inférieure n’a pas à être ventilée. La partie supérieure, elle, doit l’être selon les articles 9.19.1.1. à 9.19.1.3.
Une trappe d’accès est exigée pour chaque comble dont l’espace ouvert a au moins 3 m², une largeur ou une longueur d’au moins 1 m et une hauteur d’au moins 600 mm sur au moins 3 m². L’espace ouvert, selon la note du code, est celui qui reste libre sous le support de couverture. La trappe mesure au moins 550 × 900 mm. Pour un seul logement, 0,32 m² suffit, sans dimension sous 500 mm. L’ouverture doit avoir une porte ou un couvercle.
Le règlement fixe un minimum; l’AMCQ propose des règles de l’art qui vont plus loin. Les recommandations de l’AMCQ ne sont pas des exigences du code du bâtiment. Elles reflètent l’expérience de terrain et visent à prévenir les problèmes de condensation dans des maisons de plus en plus étanches. Le tableau ci-dessous compare les deux références.
| Sujet | Code de construction du Québec | Recommandation de l'AMCQ |
|---|---|---|
| Surface libre, pente de 2/12 et plus | Au moins 1/300 du plafond isolé (9.19.1.2.) | Calcul fait par le professionnel qui conçoit les travaux |
| Surface libre, pente sous 2/12 ou solives | Au moins 1/150 (9.19.1.2.) | Ventilation mixte : périmètre et dessus de la couverture |
| Répartition | Au moins 25 % en haut, 25 % en bas, faces opposées | 55 % aux soffites, 45 % près du faîte |
| Espace d’air sous le platelage | Au moins 63 mm (9.19.1.3.) | Au moins 150 mm |
| Déflecteurs au bas du toit | 25 mm de dégagement, 50 mm de hauteur libre | Soffites jamais bouchés par l'isolation |
| Espacement des évents du haut | Aucune exigence | 7,6 à 9,1 m au plus, à 2 m ou plus d'un parapet |
| Types de ventilateurs | Conformes à CAN3-A93-M (1983) | Un seul type par toit; turbines déconseillées |
| Salle de bain, sécheuse, hotte | Aucune mention dans la section 9.19 | Jamais évacuées dans l'entretoit ni par les soffites |
L’AMCQ recommande de ne jamais installer deux types de ventilateurs différents sur un même toit. Les modèles à turbine ne sont pas recommandés. Par grand vent, ils peuvent aspirer l’air chaud et humide de la maison. Sans vent, ils laissent entrer l’eau et la neige. Pour les appareils à déflecteurs, l’AMCQ recommande une attestation de performance signée par un ingénieur.
Les ratios des fabricants ne respectent pas forcément le règlement à la lettre. Le choix des modèles d’évents de toiture est traité en détail dans un autre article.
L’air des sécheuses, des hottes de cuisinière, des ventilateurs de salle de bain, des échangeurs d’air et des évents de plomberie ne doit jamais être évacué dans un entretoit. Même un comble bien ventilé ne peut pas évacuer cette charge d’humidité. L’AMCQ recommande des boîtes à clapet et des conduits isolés.
Avant de toucher à la ventilation, elle fait vérifier l’état des soffites, la présence d’un pare-air continu et la libre circulation autour des lucarnes et des cheminées.
La réponse dépend de la nature des travaux. Le bulletin technique no 18 de l’AMCQ, préparé avec la RBQ, distingue l’entretien et la réparation d’une transformation. Cette distinction détermine ce que le règlement impose aux éléments existants. Un propriétaire qui fait refaire ses bardeaux n’est pas toujours obligé de refaire toute la ventilation.
Une réparation localisée avec des matériaux de même nature est un travail d’entretien. Une réfection complète avec des matériaux identiques l’est aussi. Sont des transformations : l’ajout d’isolation, le changement du type d’isolation ou de membrane, la modification des pentes de drainage, le changement de type de toiture et le resurfaçage d’une membrane. Les nouvelles exigences ne visent pas les éléments conservés en place.
Ceux-ci doivent toutefois être conformes aux règles en vigueur lors de leur installation.
Ajouter de l’isolation dans le comble lors d’une réfection fait passer les travaux en transformation. La nouvelle couche doit alors laisser le dégagement exigé et respecter les orifices requis par les articles 9.19.1.1. à 9.19.1.3. Une réparation de toiture localisée, sans toucher à l’isolation, n’entraîne pas cette obligation. Les matériaux ajoutés doivent être conformes au Code et ne pas nuire aux matériaux conservés.
La garantie du fabricant de bardeaux ou de membrane est souvent conditionnelle à une pose conforme aux instructions. Elle l’est aussi, souvent, à une ventilation conforme. La Garantie de construction résidentielle (GCR), qui couvre les maisons neuves, publie une fiche technique sur l’article 9.19. Ne pas confondre la protection légale du neuf, l’engagement du fabricant et celui de l’entrepreneur.
Lire les conditions avant les travaux évite des refus de couverture.

Une soumission sérieuse chiffre la ventilation au lieu de la mentionner. Elle devrait détailler la superficie isolée, l’aire libre calculée, la répartition entre le haut et le bas, le type et le nombre d’évents, l’espace d’air libre sous le platelage et le sort des conduits d’extraction. Ces informations permettent de vérifier la conformité au Code. L’AMCQ recommande que les calculs soient faits par le professionnel qui conçoit les travaux.
En cas de doute, l’entrepreneur devrait consulter un expert.
Vérifiez que le couvreur détient la sous-catégorie RBQ 7.0 au registre public de la RBQ. Assurez-vous qu’il passe par la trappe d’accès avant de chiffrer. Une inspection de toiture préalable donne un portrait clair de l’état du comble et de la ventilation existante. Prenez le temps de comparer des soumissions de couvreurs avant de vous engager.
Un couvreur à Montréal qui prend la peine de détailler ces éléments dans sa proposition démontre qu’il connaît ses obligations.
La norme est fixée par la section 9.19 du Code de construction du Québec. Elle exige une surface libre d’au moins 1/300 du plafond isolé pour les pentes de 2/12 et plus, et 1/150 en deçà. La répartition doit respecter au moins 25 % en haut et 25 % en bas, sur les faces opposées du bâtiment. Il faut enfin 63 mm d’air libre sous le platelage.
Un toit plat a généralement une pente inférieure à 1:6, soit moins de 2/12. Dans ce cas, l’article 9.19.1.2. exige une surface libre d’au moins 1/150 de la superficie isolée. L’AMCQ recommande alors une ventilation mixte combinant le périmètre et des évents posés sur la couverture. La conception doit être confiée à un professionnel.
Pas nécessairement. Une réfection complète avec des matériaux identiques est un travail d’entretien. Le Code ne s’applique pas aux éléments conservés en place. Si les travaux incluent l’ajout d’isolation, ils deviennent une transformation. La couche ajoutée doit alors respecter les dégagements et les orifices exigés par la section 9.19.
Non. L’AMCQ est catégorique : l’air des salles de bain, des sécheuses, des hottes et des échangeurs d’air ne doit jamais être évacué dans un entretoit, même ventilé, ni sortir par les soffites. Les conduits doivent être isolés et munis de boîtes à clapet, et rejeter l’air humide directement à l’extérieur, jamais par un évent de toit ni par les soffites.
L’article 9.19.2.1. exige une trappe d’au moins 550 × 900 mm pour un comble dont l’espace ouvert atteint 3 m², avec une hauteur d’au moins 600 mm. Pour un seul logement, 0,32 m² suffit, sans dimension inférieure à 500 mm. L’ouverture doit avoir une porte ou un couvercle.