IRS de 56 à 82, permis ou non : les règles de toiture blanche des 19 arrondissements de Montréal.

« Le toit blanc est obligatoire à Montréal. » La phrase circule partout, et elle n’est qu’à moitié vraie. La réalité est plus nuancée, car la Ville de Montréal publie 19 versions de la règle, une par arrondissement. L’indice de réflectance solaire exigé varie de 56 à 82 selon votre adresse, un écart qui change tout.
Avant de comparer des soumissions pour refaire un toit plat, il faut savoir laquelle de ces règles s’applique à votre bâtiment. Chaque arrondissement fixe son propre seuil, ses propres exemptions et sa propre grille de permis. Le tableau plus bas les résume, arrondissement par arrondissement.
La réglementation montréalaise sur la toiture blanche s’applique dès que la pente du toit descend sous un seuil bien précis. Les normes pour rénover ou réparer un toit plat ou à faible pente varient selon l’arrondissement, le type de bâtiment et la nature des travaux. La page « Rénover un toit plat ou à faible pente » de la Ville de Montréal couvre les 19 arrondissements et sert de référence unique.
Chaque arrondissement applique son propre règlement d’urbanisme. Ahuntsic-Cartierville utilise par exemple le règlement 01-274 et le règlement sur la construction 11-018. Rosemont-La Petite-Patrie applique le 01-279. Les règles d’urbanisme changent d’une adresse à l’autre et il faut toujours consulter le bon document.
La réglementation sur le revêtement pâle s’applique aux toits plats ou à faible pente, c’est-à-dire de pente inférieure à 2:12, soit 16,7 %. Un toit en pente de 2:12 ou plus n’est pas visé par ces exigences de couleur. Saint-Laurent l’écrit explicitement dans son document sur les toits plats. Si votre toit est incliné, vous sortez complètement de ce cadre.
Le rendement énergétique d’une toiture blanche fait l’objet d’un article à part. Ici, on parle uniquement de règles, de permis et de documents à fournir à la Ville.
Les options de revêtement qui reviennent dans tous les arrondissements sont au nombre de quatre. Vous pouvez installer un toit vert, c’est-à-dire végétalisé, ce qui demande presque toujours de se présenter au comptoir des permis pour valider la démarche. Vous pouvez poser un matériau blanc, peint en blanc ou recouvert d’un enduit réfléchissant ou de gravier blanc.
Vous pouvez aussi choisir un matériau dont l’indice de réflectance solaire atteint le seuil de l’arrondissement, attesté par les spécifications du fabricant et, selon l’arrondissement, par un avis ou un devis d’un professionnel. Enfin, une combinaison de ces revêtements est acceptée.
L’indice de réflectance solaire exigé pour une toiture blanche n’est pas le même d’un bout à l’autre de l’île. La Ville de Montréal publie des seuils qui vont de 56 à 82, et chaque arrondissement fixe aussi ses propres conditions de permis. Le tableau ci-dessous résume l’essentiel pour les 19 arrondissements.
| Arrondissement | IRS minimum | Permis pour changer le revêtement | À retenir |
|---|---|---|---|
| Ahuntsic-Cartierville | 66 | Oui | Blanc, gravier blanc ou toit vert aussi acceptés |
| Anjou | 78 | Non | Matériaux imposés même sans permis |
| Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce | 56 | Non pour la membrane | Permis pour la structure; site patrimonial du Mont-Royal |
| Lachine | 78 (construction neuve) | Oui | Bâtiment existant : liste de matériaux, sans IRS |
| LaSalle | 56 (toit de plus de 300 m²) | Oui | Moins de 300 m² : asphalte et gravier permis |
| Le Plateau-Mont-Royal | 56 | Non pour la membrane | Règle visant le neuf, l'agrandissement et le changement de pente |
| Le Sud-Ouest | 78 | Oui | Multicouche permis avec finition en gravier blanc |
| L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève | 78 | Oui | Asphalte, goudron et gravier interdits |
| Mercier-Hochelaga-Maisonneuve | 56 | Oui (réfection complète) | Réfection partielle sous 500 m² sans permis |
| Montréal-Nord | 78 | Oui | Frais de 11 $ par 1 000 $ de travaux |
| Outremont | 78 sur 75 % ou 66 sur 100 % | Oui, même pour réparer | Seul arrondissement à seuil double |
| Pierrefonds-Roxboro | 66 | Oui (hors asphalte identique) | Matériau pâle exigé |
| Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles | 78 | Oui (hors asphalte identique) | Le gris est accepté |
| Rosemont-La Petite-Patrie | 78 | Oui | Analyse de 2 à 4 semaines |
| Saint-Laurent | 78 | Oui | Gravier blanc, IRS 78 ou toit vert seulement |
| Saint-Léonard | 82 | Oui | Unifamiliale : matériaux du code du bâtiment |
| Verdun | 78 | Oui | Ballast blanc accepté |
| Ville-Marie | 78 | Oui | Eaux pluviales au-delà de 1 000 m² imperméables |
| Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension | 66 | Oui | Attendre le permis avant d'acheter |
L’IRS mesure la capacité d’une surface à renvoyer le rayonnement solaire et à évacuer la chaleur. Plus il est élevé, plus la surface reste fraîche. Un matériau qui passe le seuil de 56 peut échouer à 78 ou à 82. L’arrondissement examine l’IRS sur la fiche technique du fabricant jointe à la demande de permis. Il faut toujours lire le chiffre exact sur cette fiche avant d’acheter.
Dans la plupart des arrondissements, les exigences de toiture blanche ne s’appliquent pas à la partie d’un toit occupée par un équipement mécanique, comme un climatiseur ou une thermopompe, ni par une terrasse. Le Sud-Ouest ajoute les serres à cette liste d’exemptions. Cette règle évite de devoir appliquer un revêtement pâle sous des installations qui couvrent déjà la surface.
Le Plateau-Mont-Royal applique la règle du toit blanc d’une manière que peu de propriétaires connaissent vraiment. Contrairement à ce que l’on croit, l’arrondissement n’exige même pas de permis pour remplacer la membrane d’un toit plat. La règle est plus souple qu’ailleurs, mais elle cache des conditions précises.
Aucun permis n’est exigé pour entretenir ou réparer un toit plat, ni pour remplacer la membrane du toit. L’exception concerne les bâtiments qui possèdent un statut patrimonial, pour lesquels un permis est toujours nécessaire. Un permis devient aussi obligatoire si vous modifiez l’isolant ou la structure du toit, par exemple pour changer la pente, ajouter des équipements mécaniques ou des puits de lumière.
Les matériaux imposés visent les nouveaux bâtiments, les agrandissements et les changements de volume ou de pente d’un bâtiment existant. Dans ces cas, il faut un toit vert ou un matériau d’IRS d’au moins 56, blanc ou gris pâle, peint en blanc ou gris pâle, avec un enduit réfléchissant ou un ballast blanc ou gris pâle. La personne responsable du dossier contacte le demandeur dans un délai maximum de 14 jours après le dépôt.
Dès qu’un immeuble a un statut patrimonial, le permis devient obligatoire, même pour un simple remplacement de membrane. Si vous possédez un plex typique du quartier et que vous cherchez un couvreur sur le Plateau-Mont-Royal, assurez-vous qu’il connaît cette distinction.
Plusieurs arrondissements exigent un permis avant de toucher au revêtement d’un toit plat. Rosemont-La Petite-Patrie, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Saint-Laurent, Saint-Léonard, Ville-Marie et Outremont sont dans ce cas. Chacun a ses particularités qu’il vaut mieux connaître avant de commander les matériaux.
Rosemont-La Petite-Patrie exige un permis pour remplacer le revêtement d’un toit plat ou à faible pente. L’IRS doit atteindre au moins 78. Pour les nouveaux bâtiments, les toitures de goudron et gravier blanc sont interdites. Le délai moyen d’analyse est de 2 à 4 semaines une fois tous les documents transmis. Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension demande aussi un permis pour installer ou remplacer le revêtement, avec un IRS de 66.
La Ville conseille d’attendre que le permis soit délivré avant d’acheter les matériaux.
Saint-Laurent n’autorise que le gravier blanc, un matériau d’IRS 78 attesté par le fabricant, ou le toit vert. Saint-Léonard impose un IRS de 82 pour les nouvelles constructions et les bâtiments autres que les unifamiliales. Pour une unifamiliale, les matériaux permis sont ceux du code du bâtiment. Outremont exige un permis pour réparer ou remplacer le revêtement du toit.
Ville-Marie accepte une réparation ponctuelle sans permis tant qu’on ne refait pas plus de la moitié de la surface.

Certains arrondissements créent des catégories à part selon la superficie du toit ou le type de matériau existant. Ces exceptions permettent parfois d’éviter le permis ou de conserver un revêtement plus foncé. Anjou, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, LaSalle, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et Pierrefonds-Roxboro ont tous leurs particularités.
Anjou n’exige aucun permis pour réparer, entretenir, rénover ou remplacer un toit plat, mais seuls le blanc, un matériau d’IRS 78 ou le toit vert sont autorisés. Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce ne demande pas de permis pour remplacer la membrane, sauf pour un immeuble patrimonial dont on modifie les dimensions du solin. Le permis reste obligatoire pour remplacer la structure du toit.
Dans le site patrimonial du Mont-Royal, une autorisation de l’arrondissement est nécessaire avant les travaux.
Le Sud-Ouest autorise encore le multicouche d’asphalte et gravier, à condition que la couche de finition soit en lest de marbre ou en gravier blanc. L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève interdit en revanche les revêtements d’asphalte, de goudron et de gravier. Une fois la couleur imposée, le choix de la membrane reste entier : il faut savoir choisir entre TPO, EPDM, PVC et élastomère selon la pente et l’usage du toit.
Une membrane élastomère blanche peut répondre à plusieurs de ces exigences.
LaSalle applique une règle à deux vitesses. Pour un toit de moins de 300 m², une liste de matériaux neufs est permise sans exigence d’IRS, incluant l’asphalte et gravier, la membrane élastomère et le TPO. Au-delà de 300 m², le blanc ou un IRS de 56 devient obligatoire. Mercier-Hochelaga-Maisonneuve permet une réfection partielle d’un toit de moins de 500 m² sans permis.
Le permis est exigé pour une rénovation complète ou une réfection partielle d’un toit de 500 m² ou plus. Lachine dresse une liste de matériaux pour les bâtiments existants, sans IRS, mais impose un IRS de 78 pour les nouvelles constructions.
Quand un permis est exigé, il faut prévoir des frais, rassembler des documents et respecter un calendrier. Les tarifs sont encadrés par la Ville, mais le montant final dépend du coût des travaux. Les règles changent et il faut toujours confirmer les exigences au comptoir des permis de l’arrondissement avant de signer un contrat.
Le tarif est de 9,80 $ par tranche de 1 000 $ de travaux dans la plupart des arrondissements, et de 11 $ à Montréal-Nord. Le minimum est de 167,40 $ pour un immeuble exclusivement résidentiel et de 491,70 $ pour un immeuble commercial, industriel, institutionnel ou mixte. L’estimation des coûts doit inclure les taxes. Les frais ne sont pas remboursables.
Des frais supplémentaires peuvent s’ajouter pour un bâtiment ou un secteur à valeur patrimoniale. Une réfection de 25 000 $ taxes comprises coûte 245 $ de frais de permis. Des travaux de 12 000 $ donnent 117,60 $, donc le minimum de 167,40 $ s’applique.
La demande de permis exige une soumission ou une grille d’estimation des coûts taxes comprises, un certificat de localisation et la fiche technique des matériaux indiquant l’IRS, parfois le solin et la couleur. En copropriété, il faut l’autorisation de chaque copropriétaire ou une résolution du syndicat. Une procuration est nécessaire si un mandataire dépose la demande.
La plupart des arrondissements acceptent la demande en ligne, avec un compte et une carte de crédit. Une seule demande en ligne peut regrouper l’intérieur du bâtiment, la toiture, les portes et fenêtres, le revêtement extérieur et les saillies comme les escaliers, les balcons et les terrasses. Pour une réfection de toit plat, ces documents doivent être prêts avant le dépôt.
Sur le Plateau-Mont-Royal, la personne responsable contacte le demandeur dans un délai maximum de 14 jours. Rosemont-La Petite-Patrie annonce un délai moyen d’analyse de 2 à 4 semaines une fois tous les documents transmis. Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension conseille d’attendre la délivrance du permis avant d’acheter les matériaux. Selon la Ville, le délai de délivrance dépend de la nature de la demande, de sa complexité et de la saison.

Un couvreur qui connaît la réglementation par arrondissement vous évite des refus de permis et des retards coûteux. La soumission doit nommer le produit, sa couleur et son indice de réflectance solaire. La fiche technique du fabricant doit être jointe à la soumission, car c’est elle que l’arrondissement examine. Le couvreur doit connaître le seuil d’IRS de votre adresse avant de commander le matériau blanc.
Vérifiez qui dépose la demande de permis. Si c’est le couvreur, une procuration sera exigée. Assurez-vous que l’entrepreneur détient une licence de la Régie du bâtiment du Québec dans la sous-catégorie 7.0, vérifiable au registre public de la RBQ. Hors de l’île de Montréal, à Laval ou Longueuil par exemple, ce sont les règlements de chaque municipalité qui s’appliquent.
Pour comparer des soumissions de couvreurs, posez ces questions avant de signer. Un couvreur à Montréal habitué au comptoir des permis de votre arrondissement saura vous dire lequel des 19 seuils s’applique.
Non. Chaque arrondissement fixe ses propres règles. Certains exigent un matériau blanc ou un indice de réflectance solaire minimal, d’autres acceptent une liste de matériaux sans exigence de couleur. Le seuil d’IRS varie de 56 à 82 selon l’adresse. Il faut consulter la fiche de votre arrondissement sur le site de la Ville de Montréal.
Pas pour remplacer la membrane, sauf si le bâtiment a un statut patrimonial. Un permis devient nécessaire si vous modifiez l’isolant, la structure, la pente ou si vous ajoutez des équipements mécaniques ou des puits de lumière. La règle du matériau pâle s’applique aux nouvelles constructions et aux agrandissements.
Tout dépend de l’arrondissement. L’IRS exigé va de 56 à 82. Un matériau qui atteint 56 peut être refusé dans un arrondissement qui exige 78. La fiche technique du fabricant doit indiquer la valeur exacte. Vérifiez le seuil de votre adresse avant d’acheter le revêtement.
Oui, dans la majorité des arrondissements. Le Sud-Ouest autorise le multicouche avec une finition en lest de marbre ou en gravier blanc. Rosemont-La Petite-Patrie exclut les toitures de goudron et gravier blanc pour les nouveaux bâtiments. L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève interdit les revêtements composés d’asphalte, de goudron et de gravier.
Non. Les exigences de toiture blanche visent uniquement les toits plats ou à faible pente, c’est-à-dire de pente inférieure à 2:12, soit 16,7 %. Un toit en pente de 2:12 ou plus n’est pas soumis à ces règles de couleur ni d’indice de réflectance solaire.